No, non si fa sempre festa in quest’angolo di mondo, ma l’altro Santo del paese bisogna pure ringraziarlo, affinché non se l’abbia a male. Io lo immagino, Sant’Erasmo-non-da-Rotterdam, andare a spasso per il Paradiso con San Benedetto. Cosa li accomuna ? Semplicemente il fatto che si devono dar da fare per lo stesso Comune Dimezzato.
Se la raccontano, tra una nuvola e l’altra, un aperitivo da San Pietro e un digestivo da Maria Maddalena, che è sempre una gran bella donna, anche se passano i secoli. Poi San Benedetto si mette a raccontare di quando ha mandato via i Saraceni e Sant’Erasmo fa finta di sentire la storia per la prima volta, perché è un santo gentile.
Erasmo si lamenta perché esce dalla Chiesa di San Giuseppe solo una volta all’anno, e quella volta gli tocca pure ascoltare la predica. L’anno scorso il parroco si era ispirato a Lucrezio, e le sue parole scivolavano sull’acqua evocando oscure metamorfosi. Quest’anno è stato noiosetto, ma San Benedetto invidia lo stesso il suo collega, che almeno si fa un giro sul mare, e quando arriva di fronte alle spiagge le barche lo salutano con la sirena.
Come ogni anno, io seguo la barchetta nuotando –quest’anno c’è anche Laurence, che è diventata una tifosa di Sant’Erasmo – e mi chiedo se prima o poi me la farà la grazia (quale ? beh, questo non vi riguarda !).
Un saint au pied marin : Saint Erasme
Contrairement à ce que vous pourriez penser, ici on ne fait pas la fête tous les jours, mais on a le devoir d’honorer l’autre Saint de la ville et de remercier, afin qu’il ne se fâche pas. Je les vois, lui et Saint Benoît, se promenant au paradis. Qu’ont-ils en commun ? Le fait qu’ils sont censés se partager la même ville pourfendue. Rien que ça, vous m’en direz tant !
Ils flânent en bavardant, entre un apéro chez Saint Pierre et un digestif chez Marie Madeleine, qui est encore une sacrée belle femme, malgré les siècles qui passent ! Saint Benoît, comme d’habitude, parle de cette fois où il a fait fuir les Sarrasins, et Erasme fait semblant de l’entendre pour la première fois, car c’est un saint bien élevé.
Erasme se plaint de ne sortir qu’une fois l’an de l’église de Saint Joseph. Et cette fois-là il lui faut même se taper un sermon. L’année dernière, le curé s’était inspiré de Lucrèce : ses paroles couraient légères sur les vagues évoquant d’obscures métamorphoses. Cette année, il a été un brin ennuyeux, mais St. Benoît envie son collègue. Lui, au moins, fait un tour sur l’eau avec les barques qui le saluent de leurs sirènes.
Comme à chaque année, je suis le petit bateau brinquebalant en nageant – cette année Laurence est avec moi, étant devenue une groupie de Saint Erasme – et je me demande si tôt ou tard il me fera la grâce… (laquelle ? pardon, ça c’est strictement privé !).
