
A Taggia è possibile viaggiare tanto nel tempo quanto nello spazio.
Per esempio, cosa c’è dietro a questa porta ? Una famiglia, una coppia, una persona sola o…
Corridoi senza fine ; ombre di persone partite per sempre… o per poco ; ricordi mai rivelati, legati a una pietra, a un mattino invernale, alla pioggia che impregna l’ardesia degli androni…

Io ritrovo una passeggiata per le vie antiche, una sera di tanti anni fa.
Siamo in tre, ed io sono un’adolescente magrissima. Partiamo da una grande piazza quadrata. All’inizio chiacchieriamo, ridiamo, ci raccontiamo forse i nostri amori (di quelle parole non resta neppure più l’eco).
Man mano che ci inoltriamo sotto gli archi – la luce si fa più fioca ed i contorni delle cose sfumano nell’oscurità – parliamo sempre meno, un po’ a disagio. Il cielo, sopra di noi, è diventato di pece. Non so più dove siamo. Vertigine !
All’improvviso sbuchiamo nella stessa piazza dalla quale eravamo partiti : stento a riconoscerla. Per un attimo mi sono persa, come se mi trovassi in un labirinto nel quale avrei continuato a percorrere, all’infinito, lo stesso percorso.
Era, ora lo so, la bellissima Piazza Grande, con le orbite vuote delle sue numerose finestre, divenuta all’improvviso minacciosa . Ripensandoci ora mi viene in mente la bella poesia di Eugenio Montale « I Limoni ».
… « ci si aspetta/ di scoprire uno sbaglio di Natura, / il punto morto del mondo, l’anello che non tiene, / il filo da disbrogliare che finalmente ci metta / nel mezzo di una verità.
Avevo forse trovato, allora, il « punto morto del mondo » ?
E voi, cosa troverete bussando a quella porta ?

Derrière la porte…
À Taggia tout est possible, ou presque. Dans ses ruelles, on voyage dans le temps autant que dans l’espace. Par exemple, qu’y a-t-il derrière cette porte ? Une famille, un enfant qui s’endort, un vieillard solitaire ou…des couloirs sans fin ; les ombres de gens partis pour toujours, ou pour quelque temps ; des souvenirs enfouis, liés à une pierre, à un matin d’hiver, à la pluie qui polit l’ardoise des marches…
Moi j’y retrouve une promenade, autrefois, la nuit, dans les ruelles anciennes. Nous sommes trois, et moi je suis alors une adolescente maigre comme un clou. Nous partons d’une place carrée et nous bavardons. Parle-t-on de nos amours ? L’écho de ces mots de jeunesse est à jamais perdu.
Au fur et à mesure que nous avançons sous les arcades, les contours des maisons s’évanouissent dans l’obscurité. Nous parlons de moins en moins, le malaise s’installe car le ciel est devenu noir comme la poix. Je m’y perds, je ne sais plus où nous sommes. Dans ce vertige qui me saisit, et dans lequel je me sens défaillir, nous nous retrouvons sur la place de laquelle nous étions partis.
(C’était, je le sais maintenant, la très belle Piazza Grande). Dans ce moment d’incertitude, je ne l’ai pas reconnue, perdue dans un labyrinthe que – j’en eus peur – j’allais parcourir sans fin. Aujourdh’ui, en y repensant, je retrouve un poème d’Eugenio Montale, « Les citrons ».
… « On s’attend / à découvrir un défaut de la nature / le point mort du monde, le chaînon qui ne tient pas / le fil à démêler qui nous conduise enfin/ au centre d’une vérité ».
Avais-je trouvé la faille ?
Et vous, que découvrirez-vous en frappant à cette porte ? Qu’allez-vous retrouver ?